Quand tu dors et que tu rêves que tu dors, tu dois te réveiller deux fois (J.C. Vandamme)
insomAniaque
Cette vidéo m'a été inspirée par un de mes abonnés, Gabriel Noncris. Il m'a évoqué son insomnie chronique. Je lui ai proposé de me décrire son problème et le texte qu’il m’a soumis m’a convaincu de le réécrire en collaboration avec lui, dans le but de produire la vidéo que tu as sous les yeux.

Pendant mes heures d'éveil, je médite sur l'absurdité de la vie. Je suis les traces du philosophe Emil Cioran.

Je suis l'auteur de " Fièvres et crachats d'un nihiliste postmoderne" et du “Baron de Torlune”.

Je milite pour que tout un chacun puisse mettre fin à sa vie librement.

Vous pouvez écouter mon livre "Manifeste pour un droit au suicide indolore", sous mon autre pseudo (Jean Liberté).

Et enfin, sous un troisième pseudo (Adrian Farenheights Tepes) je compose de la musique, à l'orgue, très noire.

La musique de fond de la vidéo est de moi (“Malveillance”)

Si vous souhaitez me contacter, mon e-mail est indiqué sur ma chaîne YouTube

Gabriel Noncris

Texte de la vidéo

Je suis insomniaque chronique.

C’est à dire que je suis trop fatigué pour être éveillé et trop fatigué pour dormir.

Vivre, c’est souffrir. C’est pas pessimiste, c’est philosophique !

Emil Cioran est un philosophe d’une noirceur lucide à faire peur comme si l’horreur absurde du monde le tenait réveillé. Comme moi.

Pour bander, faut augmenter la pression sanguine mais pour dormir, faut réduire l’activité cérébrale. Mais tout ça dépend pas d’un interrupteur ni d’un robinet.

Le sommeil, c’est comme une fille que tu veux séduire : plus tu la traques, moins tu l’attrapes.

Moins je dors. Plus j’angoisse. Plus j’angoisse, plus j’ai de problèmes. Plus j’ai de problèmes, moins je dors.

Imagine un matelas bourré de poil à gratter. Ton défi ? … Passer la nuit dessus ! Tu comprendras mieux celui qui se tortille de désespoir parce qu’il ne dort jamais dans la chambre noire de ses nuits blanches.

Oh, parfois j’arrive à somnoler une heure. Dans le meilleur des cas, c’est la sonnerie du réveil qui met fin à la trêve en m’explosant le coeur, mais le plus souvent, je suis arraché du sommeil par des cauchemars qui me coupent le souffle !

Je me redresse comme un zombie, assis sur mon lit. Haletant. Blême.

Mais j’ai pas peur du monstre sous le lit ! Noooooooooon.

Le monstre, il est dessus : les yeux rouges, les cheveux en bataille, une gueule de mort-vivant. Le vrai cauchemar commence maintenant : c'est l'insomnie !

Parfois, j’ai la chance d’être malade parce que la fièvre m’écrase dans le sommeil comme une chape de plomb.

Tu te shootes à quoi, toi ? Au café ? Aux antidépresseurs ? A Facebook ? Moi, ma came, c’est le cinéma : le film de mes journées qui se projete sur l’écran de mes nuits. Les acteurs, c’est tous ces gens qui violent mon sommeil comme si ça ne leur suffisait pas de pourrir mes journées.

Quand le sommeil se fait la malle, c’est comme un divorce : c’est la moitié de ta vie qui se barre. Avec ta santé, ton moral. Ton sourire.

Il te manque quelque chose chaque matin dans ton lit ? moi, c’est six heures de sommeil.

Moi, je supporte pas le matin ni le soir 

ni la vie de couple ni la rupture.

ni le chômage ni le boulot.

ni la solitude ni les gens.

Le contraire de l’insomnie, c’est l’hypersomnie. Tu pionces tellement que ça te provoque des coups de barre en pleine journée !

J’en rêve ! … Comme un anorexique souhaiterait devenir obèse.

Je te connais pas, mais peut-être que toi : tu te couches - tu dors !

C’est naturel pour toi, mais pour moi, c’est de la science-fiction.

Tu vois, moi, je suis condamné sans être coupable, mais toi, tu mérites pas non plus la médaille du bon dormeur. J’ai juste envie de t’étrangler avec le ruban !

Tu sais, moi, je me couperais un bras pour dormir comme toi... Oh, tu me diras qu’avant ça, y a la sophrologie, la relaxation, la méditation.  EH ! J'ai déjà pas l'énergie pour dormir, rien que ces idées m’épuisent !

Certains poursuivent l’éveil spirituel mais moi j’aimerais juste commencer par le sommeil corporel.

La recette-miracle, c’est les somnifères :  ça marche !

Un moment. Puis c’est comme l’alcool, on s’habitue, on augmente les doses.

T’es timide ? Saoule-toi !

Tu dors pas ? Prends des médocs !

Remarque, je pourrais faire les deux en même temps, ça règlerait tous mes problèmes, tiens !

Je te connais pas mais t’es peut-être comme moi. Une personne sur six en moyenne souffre d’insomnie.

Pourquoi tu dors pas, toi ? T'as des douleurs ? Des problèmes de coeur, de respiration ? Des acouphènes, des voisins bruyants ? Un vieux traumatisme ou un deuil que t’as jamais avalé et qui revient chaque nuit danser dans ta tête ?

Allez, viens en parler dans les commentaires, ça fait du bien. T’as peut-être des trucs, des astuces ? ...

Eh ! …  Sois gentil :  évite les réflexions qui commencent par “T’as qu’a”, parce qu’elles me fatiguent, mais elles ne m’endorment pas.